Benuts, compositing et 3D

Benuts est une société, basée à Charleroi et Bruxelles, qui fait des effets spéciaux et de la 3D pour le cinéma et la publicité. Filiale des parisiens de Digital District, ils travaillent souvent sur des partenariats franco-belges, tels le biopic Cloclo. Portrait d’une boîte effervescente avec Michel Denis, producteur en effets spéciaux.

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Sur quels genres de projets travaillez-vous ?

Pour l’instant, nous travaillons beaucoup sur des longs métrages belges et français et pour des séries anglaises.
Nous avons fait tous les effets spéciaux (sur sept cent cinquante plans dont trois cents de compositing) de Cloclo ; actuellement, nous travaillons sur Un plan parfait de Pascal Chaumeil (avec Diane Kruger et Dany Boon), pour lequel nous allons modifier encore plus de plans.

Stoemp rock, Clotilde Delcommune, benuts, ClocloVous travaillez dans un secteur en pleine expansion. Comment arrivez-vous à vous distinguer de la concurrence ?

Nous avons un work flow robuste dédié aux longs métrages qui fait qu’on peut travailler sur beaucoup de plans et beaucoup de films en même temps (pour le moment, quatre).
Nous fonctionnons, de plus, avec une hiérarchie qui nous permet d’être très structurés, tout en restant créatifs : plusieurs superviseurs, les piliers de Benuts, s’occupent d’équipes de graphistes qui ont chacune un leader. Nous employons beaucoup de freelance. Par exemple, pour le moment en plus des six personnes de base de la boîte, travaillent vingt-cinq free lance pour le compositing et dix pour la 3D.

Quels sont les avantages et les inconvénients d’être basé en Belgique ?

Les gros avantages sont le tax shelter et les subsides de Wallimage. Depuis que ces mesures ont été mises en place on assiste à un essor de la post-production et à une hausse des co-productions en Belgique. C’est aussi ça qui nous a permis des opportunités en Angleterre, puisque nous travaillons actuellement sur des séries de la BBC.
Notre partenariat avec Digital District nous offre de plus un accès facile au marché français, ce qui étend notre réseau.

Quelle est la situation des graphistes en Belgique pour votre secteur ?

En Belgique, il y a les graphistes sont bien formés, mais peu nombreux. Il y a encore beaucoup d’effort à faire en matière de formation, surtout au niveau du compositing. Par exemple, nous utilisons NUKE et nous avons un mal de chien à trouver un profil de senior qui maîtrise ce programme.
De plus, il y a peu de gros projets qui se font dans notre pays, du coup, dès que quelqu’un est bon, il a tendance à émigrer, notamment en Angleterre où plus de blockbusters à la Harry Potter, avec beaucoup d’effets spéciaux, sont produits. Nous, nous avons la chance de pouvoir travailler sur des projets intéressants, notamment grâce à notre accès au cinéma français.

Stoemp rock, Clotilde Delcommune, benuts, Un plan parfait

Pourquoi vous êtes-vous implantés à Charleroi ?

Pour être en ordre avec Wallimage, nous avions besoin d’un siège en Wallonie. Nous voulions nous installer à Mons puis nous avons eu des soucis de bail. Liège comportant déjà le Pôle Image, nous l’avons évité : il y avait là pour nous concurrence directe. Nous avons donc opté pour les anciens bâtiments Dupuis où sont aussi installés Dreamwall et Keywall, ce qui nous permettra sans doute de chouettes collaborations, puisque nous sommes complémentaires.

Êtes-vous positif quant à l’avenir du cinéma belge ?

Oui. Wallimage et le tax shelter lui ont fait énormément de bien. Ce serait une catastrophe s’ils disparaissaient. La Belgique va avoir besoin d’aller voir du côté des autres pays (Angleterre, France, Hollande…). On va certainement avoir nous aussi plus de gros films qui demandent plus de trucages, même s’ils ne sont pas toujours visibles.

Quels conseils donneriez-vous à jeune qui veut faire votre travail ?

Suivre une bonne formation. En compositing, c’est encore difficile, mais il existe d’excellentes écoles pour apprendre la 3D et l’image de synthèse animée. Je pense à l’IAD, à St Luc, ou Supinfocom à Valencienne.
Qu’ils n’hésitent pas à faire des stages et à commencer en bas de l’échelle, notamment en faisant beaucoup de rotoscopie, même si ça peut sembler ingrat. C’est un métier qui demande beaucoup de pratique

 

Texte paru initialement sur le blog de TechnocITé.